mercredi 23 février 2011

Samedi le 19 février 2011, répondre à LA question

Je ne m'attendais pas à ça.  J'avais eu un sommeil plus ou moins réparateur et j'ai pris une douche (pas trop longue pour demeurer écologique).  Le déjeuner était copieux et tout le monde semblait de bonne humeur.  J'en ai profité pour tricoter quelques mailles en buvant mon café (je pense que j'ai eu une rage de tricot dans cette fin de semaine) et je me suis sucrée le bec avec des crêpes.  Tout allait bien.

Avec la complicité de Jean-François, notre aubergiste fort sympathique, Manon nous a convié a un exercice de respiration.  Il nous a expliqué comment se positionner et comment respirer.  Une fois tout le monde en place il a dit:''On fait ça pendant 10 MINUTES''...Il devait s'être trompé...pas 10 minutes...10 secondes...Non! il avait bien dit:''10 MINUTES''.  J'avais décidé de me prêter au jeu et d'essayer (j'étais là pour ça après tout) mais peine perdue, je n'y arrivais pas.  J'ai donc décidé de m'énergiser avec la poursuite de mon tricot me demandant ce que les autres allaient penser de moi.  Pas très zen la fille...ça dépend.  Ma zénitude je la retrouve autrement et c'est bien comme ça.  Quand j'ai vu d'autres yeux s'ouvrir, j'ai compris qu'il n'y avait pas que moi qui trouvait que 10 MINUTES pour commencer à respirer c'était un peu long!!



Tout allait toujours bien.  Après avoir bien tricoté... euh respiré, Manon nous a demandé de faire un premier exercice: Le dialogue à deux mains.  Cela consiste à avoir deux crayons de deux couleurs différentes et d'écrire les questions d'une couleur et de se répondre à soi-même de l'autre couleur.  (Il ne faut pas oublier de se remercier à la fin!!).  La question: Quelles sont vos craintes, vos peurs? (Dans le fond je pourrais traduire par : fondamentalement, pourquoi êtes-vous ici?)

J'ai pris mes deux crayons de couleur et je suis montée à ma chambre.  Je voulais être seule.  Je voulais répondre à LA question mais tout se brouillait dans ma tête.  Pourquoi étais-je là?  N'était-ce pas pour créer, pour être une artiste le temps d'une fin de semaine?  J'ai regardé longuement par ma petite fenêtre à chercher une réponse.  Dans le fond, je la connaissais mais je n'osais pas me l'avouer.  J'ai écrit ma première question sur la feuille: ''De quoi as-tu peur?''.  J'ai changé de crayon et lentement, j'ai écrit ma réponse:  ''J'ai peur de ne pas aimer ma fille...''  Je me suis mise à pleurer et j'ai continué d'écrire.  Je me demandais si je l'aimais réellement ou si j'en faisais mon parti puisque je ne pouvais pas la retourner d'où elle venait.  Je m'en voulais de l'écrire mais je devais le faire.  Plus j'écrivais et plus j'obtenais des réponses sur les vrais sentiments que j'avais envers elle.  J'ai découvert aussi que toute la créativité qui m'habitait, je lui avais donné vie alors que j'étais enceinte d'elle.  Alors s'était la boucle qui se bouclait d'elle-même. 

Lorsque le temps fût écoulé, j'ai mis mon précieux écrit dans l'enveloppe et j'ai séché mes larmes.  Je me sentais libérée...Libérée de ne pas être comme toutes celles qui m'entourent et qui ont plus d'un enfant, libérée d'avoir tant espéré sa venue et avoir voulu la retourner dans son premier mois de vie, libérée d'être si égoïste...libérée car je savais à ce moment-là que j'aimais ma Fredou plus que tout au monde!

Le soir venu, Manon nous a remis nos enveloppes et nous sommes sortis à l'extérieur où, nous les avons mises dans le feu.  Nous allions laisser nos craintes et nos peurs derrière nous et retourner à nos vies respectives le coeur léger pour pouvoir y insérer plein de nouveaux moments de bonheur.

De retour à la maison dimanche en fin d'après-midi, j'ai ouvert la porte et j'ai tout de suite vu le visage de ma fille afficher un large sourire.  Mon chum voulait me montrer comment elle marchait maintenant à quatre pattes.  Moi, tout ce que je voulais, c'était de la serrer fort dans mes bras...

Mes larmes coulaient et j'avais la certitude en la collant contre moi que j'aimais ma fille et que c'était plutôt les artifices de ma vie qui faisaient que j'avais été incapable de le voir.

(à suivre...)

11 commentaires:

  1. Wow, bravo pour ta réflexion, ça doit faire du bien d'aller chercher ce qui nous habite si loin, d'aller chercher dans nos plus profondes émotions...

    Si ça peut te rassurer, ça nous arrive tous de vouloir les retourner d'où ils viennent. Il y a des moments où je trouve cela difficile en chien et que je me dis que l'on aurait dû rester un couple sans enfant, à vivre 'librement'. Mais je me ravise en regardant leurs petites bouilles mignonnes et heureuses à mes deux petits papouttes. Ils sont la chair de ma chair, ce que j'ai fait de plus intense et de plus beau dans ma vie..

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  2. Bon! Ca y est! il est 8h30 du matin et je braille!!!! c'est tres émouvant! merci de partager ca avec nous...

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  3. Je suis profondément touchée par cette belle et douce franchise! Tu t'es vraiment donnée la permission de plonger au coeur de cet exercice d'introspection et c'est un outil qui t'appartient et avec lequel tu peux poursuivre ton chemin! Je crois sincèrement que c'est dans la franchise et la sincérité que toute l'essence de la vie réside. Ta fille et toi avez une histoire à vivre ensemble, c'est la plus belle parce que c'est la vôtre! Je te souhaite de la déguster à ta façon, d'être douce et aimante avec toi-même à travers les up and down de la vie de maman et de laisser rayonner toute ta créativité autour de toi! On se sent bien auprès de toi!

    xxx

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  4. Tu rayonne par ta franchise. Je t'admire vraiment car, même si je n'ai pas d'enfant présentement, c'est une de mes plus grandes craintes !! xxx

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  5. Pour une mère d'avouer avoir peur de ne pas aimer son enfant, ou même avouer que parfois, elle aimerait jamais n'en avoir eu est quelque chose de très difficile personnellement (suis-je une mauvaise mère, etc.) et aussi socialement (la romantisation d’avoir des enfants). Je suis vraiment contente que tu ais pu le faire et nous en parler. Vraiment bravo! Tu vas voir, des fois tu vas vouloir la passer par la fenêtre, mais ça, c’est normal, tant que tu ne le fais pas pour vrai, et ça vient avec les up and down d’élever des enfants.

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  6. Merci Annie. Simplement.

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  7. Belles paroles touchantes que les tiennes. Prendre un peu de recul sur notre quotidien ça nettoie nos lentilles et nous revenons avec un regard neuf et renouvelé. J'ai été heureuse de faire ta connaissance. 4.

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  8. Cette escapade t'a fait grandir, je le sens avec tes mots. C'est merveilleux :-)

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  9. Je suis d'accord avec la belle, ca se sent dans tes mots.
    C'est un super beau billet. xxx

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  10. Wow, c'est vraiment chouette de t'ouvrir ainsi ! je pense que c'est une crainte legitime, bravo de l'avoir si bien exteriorisee. Tu ressors grandie de ton experience...

    Karo

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  11. vraiment émouvant ton billet! Tu nous portes à réfléchir!! Ta sincérité m'a touché droit au coeur!!

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