lundi 14 mars 2011

Est-ce que je lui ai donné le mauvais de moi?

J'ai eu une enfance heureuse.  J'ai fait du sport, beaucoup de sports.  J'aimais l'école et j'avais d'excellents résultats.  Ma mère m'a dit que j'étais une petite fille qui aimait la vie, toujours souriante, facile à ''traîner''...

Mon sourire de 3 ans
Au secondaire, j'ai fait encore du sport.  J'avais un cercle d'amies et j'ai connu l'amour...au pluriel.

Au cegep, ma vie a basculé.  Sans que je m'en rende trop compte, je me suis perdue.  C'est là que j'ai commencé à avoir mal à ma tête...à avoir le mal de vivre.  Pourtant, j'étudiais dans un domaine que j'aimais, j'avais un travail, mes parents me supportaient et m'aidaient, j'étais en appartement, j'avais un chum...mais ma tête n'allait pas.  J'ai fini par tenter de me suicider.  On m'a prescrit des anti-dépresseurs...ma tête allait mieux.

À deux autres reprises dans ma vie j'ai dû prendre des anti-dépresseurs.  La dernière fois c'était il y a cinq ans et depuis, je n'ai pas cessé.  J'ai mal à ma tête et c'est incurable.  Mes neurotransmetteurs sont paresseux!  Je suis comme un diabétique qui a besoin de son insuline pour vivre.  J'ai appris à vivre avec cette réalité et je vais bien...je dirais même que je suis heureuse.

Ce matin j'ai lu un article dans la revue Châtelaine du mois d'avril 2011 qui m'a bouleversée.  À la page 94 on peut y lire: "Parti sans bruit-Antonin 1994-2010... Mon fils est parti sur la pointe des pieds.  Il ne reviendra pas.  Depuis, notre famille n'est qu'un cri..."  À chaque parution Anne-Marie Lecomte écrivait la chronique "Sainte Famille".  Elle racontait en une page les anectodes de sa vie, de sa famille.  Aujourd'hui, elle raconde le suicide de son fils de 16 ans.

En lisant cela j'ai pensé à ma Fredou, mon bébé et je me suis dite:"Est-ce que je lui ai donné le mauvais de moi?"  Est-ce qu'elle aura elle aussi mal à sa tête?  Est-ce qu'elle se perdra au point de vouloir s'enlever la vie?  Est-ce que je vivrai comme Anne-Marie une vie de famille heureuse sans me rendre compte du désastre qui se joue sous mon toit?

La réponse, je ne la connais pas.  Je ne suis pas mieux qu'un autre mais peut-être, je dis seulement peut-être, je serai capable de déceler son mal à la tête car j'aurai toujours le mien.

8 commentaires:

  1. Je me pose la même question (et quel coup de poing au ventre, cet article-témoignage). Je me rassure en me disant que contrairement à celui qui m'a légué la même chose, j'en suis consciente, moi, pas dans le déni, et j'ai appris à bien vivre avec (si j'arrivais seulement à expliquer comment...!) la plupart du temps. Que ça nous fera, le cas échéant, de longues discussions qui l'aideront peut-être (et m'aideront sans doute aussi) alors à aller plus loin, à vivre mieux. En sachant, en ayant l'oeil ouvert et aux aguets, en en parlant ouvertement, on a déjà un peu d'avance, non? <:-)

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  2. (J'espère. Puisqu'on ne peut pas savoir.)

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  3. Ouf. De un, bravo d'en parler ouvertement. Ça prend un sacré courage pour le faire et je te lève mon chapeau. De deux, cette ouverture aura certainement des répercussions positives sur ta fille et ce, peu importe qu'elle ait ou non mal à la tête plus tard. De trois, mon coeur de fille, de femme et de mère est encore bouleversé par la lecture du texte d'Anne-Marie Lecompte. Comme le dit si bien Vieuxbandit: tout un coup de poing au ventre!
    Mais Annie, avec tout ce que tu crées avec tes mains, tout ce que tu écris avec ton coeur laissent des traces. Visibles et invisibles. Et je me plaît à penser que ta jolie Fredou a certainement bien choisi sa maman...elle pourra profiter toute sa vie du meilleur de toi! Une jolie fille qui saura tricoter, coudre et qui jouera au soccer comme pas une! Ça se transmet génétiquement, il paraît! ;-)

    Bisous,

    M

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  4. En fin de semaine, je disais a ma soeur que l'amour que j'ai pour mon fils c'est comme une plaie a vif. Je l'aime tellement ca fait mal et c'est un peu pour ca... comme les deux autres commentaires avant le miens le disent si bien, t'es déja ouverte a ca donc tu verras les signes et tu sera la meilleure pour en parler et aussi oublies pas qu'elle est aussi la fille a son pere! Fredou va etre une fille heureuse plein d'energie qui va trainer son chum Ollie et l'aider a ne pas devenir un hermite. xxx

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  5. Je crois que chaque parent a un jour ou l'autre cette même réflexion.

    Heureusement, comme les autres l'ont écrit précédemment, elle héritera de tes bons côtés aussi et avec ton vécu, tu pourras la guider lorsque se présentera des situations plus difficiles.

    J'ai confiance parce que tu es très ouverte et positive.

    Bravo pour ton texte, il fait réfléchir :-)

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  6. J'ai longtemps eu la même inquiétude que toi par rapport aux enfants. Est-ce que j'allais lui transmettre mes troubles . En lisant ton message ça ma fait penser a ma vie,mais moi je l'ai vécu a l'inverse. À l'école primaire comme secondaire je n'étais pas heureux, je n'étais pas populaire et je n'avais pas vraiment d'amis et j'ai souvent eu des idées noires moi aussi. En fait, toute ma scolarité a été un long calvaire. Et c'est de la que viens mon refus d'avoir des enfants. Je ne voulais pas imposer à quelqu'un d'autre de vivre ce que j'avais vécu.

    Une fois devenu adulte je me suis fait une belle vie, je suis devenu quelqu'un d'apprécier avec plein d'amis. Mais je ne voulais toujours pas avoir d'enfants, jusqu'au jour ou un de mes amis ( un homme très sage) m'explique et d'avoir un enfant ne voulais pas dir avoir un clone de nous-mêmes.

    Aujourd'hui je regarde évoluer ma fille a qui ont va fêter ses 4ans mercredi, et qui est la miss populaire a son CPE , a qui on a du limité a 12 le nombre de ses amies très proche qu'elle pouvait invité a son party de fête. Elle est brillante, éveillée, très intelligente, très populaire et très sociable. Tout le contraire de moi aux mêmes age.Je ne dit pas qu'elle n'aura pas de problème dans la vie, mais je dis qu'elle va avoir ses problèmes et non les miens. Et si un jour je la vois entré à la maison avec le coeur brisé et les idées confuses je serais l'a pour elle. C'est ça être parent !

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  7. Je suis chavirée par ton récit (j'irai certainemet lire l'article). Je vais décanter un peu et te revenir. merci de partager. C'est lumineux en même temps que dark mais c'est ça la vie. 4

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  8. Allo, tu sais ma belle nous sommes tous inquiets de l'avenir de nos petits..... mais tu peux te dire BRAVO ! Bravo à toi d'être capable de le voir, de vivre avec et de prendre soin de toi et de ne pas le nier, ça c'est un très grand pas, un énorme cheminement.
    Prends soin de toi

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