mardi 10 septembre 2013

Il y a deux mois exactement...Maxime arrivait douloureusement dans ma vie.

Se perdre...et lentement, se retrouver...voilà ce qui se passe dans ma vie depuis un peu plus de 9 mois maintenant.  

Alors que je commençais à me sentir à l'aise dans mon travail, que ma fille devenait de plus en plus autonome et que ma vie de couple était heureuse, une bombe inattendue et improbable est tombée sur ma vie notre vie...fin novembre 2012 je suis tombée enceinte.

Parce que Fredou avait pris 4 années avant d'être conçue, parce que durant ces quatre années nous avions tenté l'insémination artificielle à trois reprises se soldant par des échecs, parce que je savais que je n'ovulais plus à tous les mois, parce que nos relations n'étaient pas au rendez-vous autant que l'on aurait voulu....on se disait sans trop y penser que ça serait un miracle si je tombais enceinte.

Et le "pseudo-miracle" arriva!!!

Pas question d'avorter! Avec le tourbillon de nos vies, nous avions relégué à plus tard genre "quand on va avoir le temps" l'opération (ligature ou vasectomie).  C'était donc de notre responsabilité de mener cette grossesse à terme.  Ce fut un choix de principe, de responsabilité et non de désir et d'amour.

À partir de ce jour, ma vie s'est transformée en un quasi enfer.  Les terribles maux de coeur sont apparus dès le lendemain de la nouvelle.  Au travail, on m'a retiré mon arme de service et je n'avais plus le droit de poursuivre mes dossiers...je me sentais punie.  Je me suis ruée chez le médecin afin qu'il me prescrive le Diclectin qui allait me permettre de fonctionner un peu....si peu car les maux coeur étaient toujours légèrement présents mais en bonus j'avais les effets secondaires du médicament: Peu ou pas de concentration, fatigue extrême et étourdissements.  J'avais peine à m'occuper de ma fille le matin avant de la reconduire à la garderie.  Je n'arrivais presque plus à tricoter et à coudre encore moins.  Les couleurs rouge et noir me levaient littéralement le coeur....mon dieu que j'ai eu de la difficulté à tricoter la tuque de ma nièce qui était dans ces couleurs (j'avais acheté la laine avant de tomber enceinte!)...et que dire du fourre-tout de mon amie Pascale....

Au fil des mois c'est ajouté le poids sur mon corps qui n'avait pas encore repris sa forme d'avant Fredou.  Maux de dos, de ventre et de côtes, pieds et chevilles enflés....j'avais mal continuellement et j'étais indifférente à cette vie qui grandissait en moi.  En fait, tout ce que j'endurais était de SA FAUTE!!  Je n'avais qu'une idée en tête: ACCOUCHER!!! Pas pour le voir mais pour tout cela se termine.

Au début du mois de juin, après avoir attendu plus de 2h00 sur une petite chaise droite dans la salle d'attente de mon obstétricienne et ayant mal à mon corps et à mon âme, je suis entrée dans son bureau en pleurant.  Je la revois très bien entrant dans la pièce alors que j'étais mal assise sur la table d'examen, les fesses sur la feuille de papier.  Elle a chantonné son habituel "Bonjour, comment ça va?" et moi d'éclater en sanglots en lui disant:"Je sais que c'est pas de sa faute, mais je suis en train de l'haïr cet enfant-là!"  Ma tête ne suivait plus...

Voyant mon état mental et physique se dégrader à ce point, elle m'a déclaré qu'elle pouvait me faire accoucher avant terme.  Ainsi, avec une date fixe, il serait plus facile pour moi de visualiser la fin et de m'encourager.  Effectivement, cela a mis un baume sur mes souffrances et m'a redonné un peu de moral (ainsi que l'augmentation de ma dose d'anti-dépresseur).

Le 09 juillet à 07h30 moi et mon chum sommes arrivés à l'hôpital de Lasalle.  C'était LA DATE!!!  Ma best Annie est venue nous rejoindre et l'administration du Pitocin pour me provoquer a débuté vers 08h30.  Les contractions sont apparues...petit à petit mais jamais assez fortes ni assez proche l'une de l'autre pour que le travail se fasse correctement.  Vers 13h00 le docteur est venu crever mes eaux dans l'espoir de faire augmenter le travail.  Beaucoup d'eau s'est déversé dans le lit mais peu de résultat concluant au final.  Je n'avais plus le droit de me lever du lit.  À 17h00, ils ont tout arrêté.  "On va donner un brake à ton corps" qu'ils ont dit car j'étais rendue à la dose maximale de Pitocin depuis un bon bout de temps.

Ce que nous avons vécu ensemble est très fort...
MERCI d'avoir été là durant toute cette grossesse ma belle et meilleure amie.
Je t'aime tellement xxx

Vers 18h00 ils ont recommencé le Pitocin à la dose minimale.  J'avais un mauvais pressentiment...

Comme toutes les femmes (ou presque) j'ai souffert peu à peu de mes contractions qui s'en venaient de plus en plus douloureuses.  Malgré cela, l'infirmière qui venait voir le tracé du moniteur me disait que cela n'était pas assez...que les contractions étaient trop espacées (moi je ne trouvais pas ça en tout cas!!)

Vers minuit le bébé était descendu et engagé...je pouvais enfin me lever du lit.  Je suis allée dans le bain, exténuée.  L'infirmière est venue me demander si je voulais l'épidurale car l'anesthésiste quittait l'hôpital pour aller se reposer au moins une heure.  J'ai décidé de la prendre car j'avais besoin de me reposer.  Après avoir vomi durant la pose de cette aiguille dans le dos, je me suis assoupie.  Puis une heure après j'ai eu un réveil plutôt brutal: je sentais de nouveau les contractions... mais dans le rectum O_o !!!!  C'était épouvantable, une douleur sans nom.  Ils m'ont injecté un autre médicament par l'épidurale pour soulager cette douleur insoutenable.  Je me suis mise à divaguer, délirer...et les battements de coeur de mon bébé à chuter.

Presque ouverte à 10, on m'a demandé de pousser.  J'étais comme une loque humaine.  Rien à faire...le col n'était pas bien placé et le bébé était fatigué.  À 4h00 le docteur m'a dit que la césarienne était maintenant nécessaire.  J'ai accepté tout de suite, je n'avais plus la force de combattre.

À 05h24 le 10 juillet 2013, on a sorti Maxime de mon ventre.  J'ai entendu un petit pleure puis plus rien.  On me l'a montré une seconde au-dessus du drap.  Il était tout blanc.  Ils l'ont mis sur une petite table chauffante et plusieurs personnes se sont mis à s'affairer autour de lui....il ne respirait pas!!  J'étais impuissante devant mon petit bébé qui venait de se faire intuber et à qui on pompait de l'oxygène parce qu'il était incapable de respirer par lui-même.  Lorsque je leur demandais s'il allait mourir, une gentille personne me répondait que non qu'il ne respirait pas seulement.  L'équation était difficile à faire dans ma tête car pour moi, quand on ne respire pas on meurt!



Vers 11h00 j'ai pu prendre mon bébé pour la première fois.  Toujours avec son petit soluté et respirait normalement comme un grand.  On m'a expliqué plus tard que c'était la médication administrée par épidurale qui avait dû l'affaiblir et l'empêcher de respirer par lui-même tout de suite.




Le 12 juillet nous avons quitté l'hôpital en famille.



Le 21 juillet plus rien n'allait.  J'ai prié pour effacer cet enfant de ma vie...il avait vraiment tout gâché.  Il m'avait fait souffrir et maintenant il prenait possession de tout.  Toute la petite routine que j'avais avec ma fille, tous nos petits moments d'amour étaient anéantis.  Cette journée-là je vais m'en rappeler pour toujours.  J'ai hurlé ma peine alors que mon amie Annie venait de quitter avec mon fils pour la nuit et que mon chum venait de partir avec Fredou pour la reconduire chez sa mamy pour une semaine.  J'étais une mauvaise mère...incapable de m'occuper de mes enfants.

Cette nuit-là, je me suis endormie le coeur en miette.  Sans penser à la mort concrètement, je me disais que la solution serait de ne plus exister.  Le lendemain matin, les yeux bouffis d'avoir trop pleuré, je me suis levée et j'ai entendu le silence.  Je me suis assise à l'extérieur et j'ai respiré un grand coup.  J'étais bien sans mes enfants...je ne voulais pas que cette journée se termine et j'anticipais le moment où j'allais devoir retourner chercher mon fils.

Je suis allée chercher de l'aide et ma médication a été augmentée une fois de plus.  Je suis allée chercher mon garçon et je l'ai regardé sans vraiment l'aimer.

Le 24 juillet nous nous sommes retrouvés à l'hôpital Ste-Justine.  Maxime a fait une infection urinaire à seulement 15 jours de vie.  Comme je vous l'ai dit plus tôt, rien n'arrive pour rien.  Maxime a été hospitalisé cinq jours à cause de cet infection...et nous sommes tombés amoureux l'un de l'autre.  J'ai passé presque tout mon temps à le bercer, le nourrir, le caresser.  Contrairement à ce que j'étais quelques jours plus tôt, je suis demeurée forte et aimante.  Je n'étais plus découragée et j'avais foi en l'avenir.  Comme si Maxime m'avait obligé à m'arrêter pour prendre le temps de l'aimer, de l'apprécier.




Aujourd'hui cela fait exactement deux mois qu'il est arrivé dans ma vie...et je vais bien.  Maxime ne fait pas encore ses nuits mais il s'améliore de semaine en semaine.  Il est en parfaite santé.  Je suis agréablement surprise de voir à quel point je suis capable de fonctionner malgré le fait que je ne dors pas autant que je devrais.  Je prends toujours une médication augmentée et je fais attention à moi.  Je suis entourée de gens formidables dont mon chum, ma maman, mon amie Annie et mon cercle d'amies tricopines, muses et virtuelles.  Je me sens soutenue, aimée et respectée.



Tranquillement, je me retrouve.

À+

P.S. Merci à tous pour votre soutient et réconfort.  Via Facebook entre-autre où j'avais toujours des personnes qui prenaient des nouvelles et qui m'encourageaient.  Merci à Lucie, Manon, Isabelle, Monique, Sophie, Solène, Pascale, Mélissa, Tania, Nathalie...et j'en oublie sûrement.  Je vous aime xxx



33 commentaires:

  1. C'est bien de mettre des "mots" sur tes "maux". Quelle générosité tu as de nous partager sans tabous, ce que trop de mamans cachent. De le verbaliser permet également à Maxime de mieux "comprendre" et d'entrer doucement dans ton coeur!

    RépondreSupprimer
  2. Nous aussi on t'aime Annie, énormément. Tu n'es pas une mauvaise mère et tu es plus forte que tu ne le crois. Ça prend beaucoup de courage pour une maman de s'ouvrir comme tu le fais et c'est l'une des raisons pour laquelle tu as tout mon respect.

    RépondreSupprimer
  3. Mes yeux se sont remplis d'eau, en te lisant, n'étant pas au courant par tout ce que tu avais vécue, je comprends mieux à présent. Je suis touchée par ta situation vraiment non évidente par laquelle tu es passée remplies d'épreuves une après l'autre. Je suis vraiment heureuse que maintenant tout va bien et que surtout vous vous en êtes sorti surtout pendant l'accouchement plus que douloureuse. Insoutenable humainement. Je dis Hamdouallah (Dieu merci !) Un jour à la fois, tu es très courageuse et ta famille le sens <3

    RépondreSupprimer
  4. Quel beau texte! Ce fut une grossesse et un accouchement pénibles que je suis heureuse d'avoir vécu à tes cotés! Tout en vaut la peine puisque maintenant nous avons le plus beau petit loup du monde! Je t'aime moi aussi!!xxx

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu as raison...il est si beau mon vieux croûton d'amour ;)))

      Supprimer
  5. Et voilà, je pleure comme une Madeleine...!!! Ma belle Annie, tu es une maman extraordinaire, vraiment! Je t'aime fort, j'ai hâte de te voir...! Tu m'enlève les mots de la bouche pour bien des détails que tu as su si bien décrire ici...OUFFF!!!...que je te comprends donc...!
    Je suis sincèrement désolée d'aimer les coccinelles...rouges et noires...!:P

    RépondreSupprimer
  6. Que dire... je suis énormément émue en te lisant. Encore une fois, transparente et franche. Les mères parfaites ne sont pas de ce mon de tu sais! Je n'avais aucune idée de ce que tu vivais, je suis contente de savoir qu'au moins tu t'es sentie entourée. Annie et toi avez toute une chance de vous avoir. Accorde-toi du temps, la maternité n'a rien d'un long fleuve tranquille. Contente de voir que tranquillement, les choses reprennent leur cours.

    RépondreSupprimer
  7. Wow Annie, je ne savais pas que tu avais un blog! Je viens de lire ton histoire avec les larmes aux yeux... Quelle péripétie! Comme tu l'as si bien dit, le temps fera son oeuvre... Je suis heureuse de lire que toi et Maxime vous êtes découverts... Il fallait un déclic et la "pause" Ste-Justine aura permis de faire ce lien entre vous deux. Garde le moral et dis-toi que tu n'es pas seule à vivre ces émotions. Je pense à toi! Caro

    RépondreSupprimer
  8. Je suis sans voix. Ton témoignage est très touchant et courageux. Je suis heureuse de voir que les choses semblent rentrer dans l'ordre. C'est une chance que tu aies été si bien entourée dans ces moments difficiles. Bon courage pour la suite!

    RépondreSupprimer
  9. Depuis notre toute première rencontre, j'ai toujours été impressionnée par ta franchise et ta transparence. Tu es la personne la plus vraie qu'il m'a été donné de rencontrer.

    Au delà des obstacles incroyables que tu traverses, j'admire la femme extraordinaire que tu es. Parce que pour moi, une femme extraordinaire, c'est toi.

    Tout le bonheur du monde à ta formidable petite famille maintenant. Puisse tes enfants prendre de toi autant de sagesse, de persévérence et d'honnêteté que possible; ils deviendront assurément des grandes personnes extraordinaires aussi.

    Avec beaucoup d'amitier, et mes meilleurs pensées +++++++++++++
    MC xxxx

    RépondreSupprimer
  10. Je t'en avais parlé, j'ai vécu, peut-être pas une grossesse, mais un accouchement et des premiers mois de vie de mon Petit Loup semblables. Te lire a ravivé des souvenirs douloureux et mes yeux se sont remplis de larmes. Tu fais bien d'écrire, ce fut ce que j'ai pu faire de plus aidant dans cette situation. Avec le temps, on apprend à faire la paix avec tout ça. Heureusement... xxxx

    RépondreSupprimer
  11. Je lis ce texte et j'ai l'impression de lire mon histoire! Ma fille est née aussi le 10 juillet par césarienne et d'urgence! Et le reste se ressemble beaucoup! Ça fait du bien de lire qu'on est pas seule à vivre des choses comme ça!

    À bientôt
    Josianne
    etreradieuse.com

    RépondreSupprimer
  12. J'ai vécu un souffrance semblable a ma 3e filles, j'avais une petite au besoin particulier de 3 ans à peine, une mélo de 1 ans tout juste sonnée, et pouff tomber enceinte de ma bibitte, je me remettais à peine de ma seconde césarienne, Laure ne dormait pas seule, j'ai dis à personne pendant plus de 3 mois que j'étais enceinte, ça a pris 6 mois avant d'accepter sa venue, et quelque jours à l'aimer vraiment. C'est difficile dire qu'on désirais pas ces petits être merveilleux, mais qu'on assumait tout simplement. Bref, 3 ans plus tard, Je trouve qu'on forme une magnifique famille, et je m'occupe de tout ce petit monde et je m'émerveille devant ce petit singe pleins d'énergie. Merci de dire tout haut ce que beaucoup de maman je crois n'ose dire tout bas

    RépondreSupprimer
  13. Il n'est jamais facile d'aborder de tels sujets, tabous dans notre société, mais tu le fais avec beaucoup de sensibilité. Que de franchise et de simplicité... Merci pour toutes ces femmes qui seront réconfortées par tes mots.

    RépondreSupprimer
  14. Wow! Quel beau texte, quelle grandeur d'âme, quelle générosité de nous offrir ce témoignage. Je pense que la plupart des gens auraient camouflé leur réalité plutôt qu'y mettre des mots et l'affirmer comme tu l'as fait. Tu es assurément une maman extraordinaire et une femme tout autant exceptionnelle. Prends soin de toi et je vous souhaite tout le bonheur que vous méritez.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bien d'accord avec toi Jean-François! :)

      Supprimer
  15. Je te lis et ca me fais sourire parce que ton accouchement ressemble a la mienne parreil. Et toute ma grossese par le fait meme. j,ai ete hospitalise , gravol et maxeran pendant 8 mois , J'ai detester etre enceinte et par chance il m'ont provoqué. Ca ete interminable , Pitocin dose maximum qui a finalment fini en cesarienne. Tu as accoucher le 10 Juillet et Moi le 11 de cette année aussi. Ma petite Florence va tres bien et comme toi , de jour en jour , je l'aime encore plus fort !!! Des fois ca fait du bien d,entendre des histoires qui te ressemble. Lâche-pas !! C la plus belle chose au monde et dis-toi que pendant que tu vivait l'enfer , quelqu'un d'autre aussi etait dans les memes conditions que toi. La preuve que nous sommes jamais seule xxxxx

    RépondreSupprimer
  16. Pauvre petit bébé, n'avoir jamais été désiré. Venir au monde sans aucun amour. Moi aussi, je n'aurai pas voulu sortir vite et encore moins respirer.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je suis obligé de me retenir pour le moment de répondre à Anonyme qui a fait un commentaire si obtus d'esprit qu'il est évident que cette personne n'a pas la capacité de voir le message qui se dégage de ce très beau texte. Je doit pour le moment maitriser mes émotions, mais j'y répondrait bientôt et je vous garanti que ce sera À LIRE. Pour le moment je répondrai seulement ceci: Quand ont n'a pas le courage de s'afficher franchement derrière ses opinions ont les garde pour soi! Ceci écrit par quelqu'un qui prend souvent le parti d'émettre des idées dans le sens contraire de tout le monde et qui l'assume. Je t'aime ma tortue et tu est la meilleure maman au monde.... Désolé les autres mais c'est elle :)
      Xxxxxxx

      Supprimer
    2. Je m'adresse à Anonyme qui prétend qu'Annie n'aimait pas son bébé. Il faudrait d'abord définir ce qu'est l'amour. Est-ce une sensation agréable au contact d'une autre personne ou est-ce faire ce qui est le mieux pour l'autre même si on en a pas envie parfois ? Annie a porté cet enfant et l'a mis au monde. Le fait qu'elle ait fait cela sans ressentir les petits papillons au coeur est à mon avis encore plus à son honneur.
      J'ai travaillé en pédiatrie et j'ai vu des mères qui comme Annie ont connu un départ difficile mais qui ont bien pris soin de leur enfant et d'elles-mêmes et se sont révélées d'excellentes mères. D'autres par contre avaient les papillons et les émotions appropriées mais par manque de maturité étaient tellement centrées sur leurs besoins à elles qu'elles négligeaient leur enfant.
      Les émotions ne font pas de nous une bonne mère, notre engagement et notre don de soi le font.
      Mon troisième enfant,une fille, est née un an après le décès de ma deuxième. J'étais donc en deuil pendant toute la grossesse et je passais la plus grande partie de mon temps à pleurer. J'avais peur que le bébé que je portais ressente cette tristesse et en soit affecté.
      Ce "bébé" a aujourd'hui 22 ans et chante du matin au sour. C'est une des personnes les plus épanouies que je connaisse.
      C'est agréable de ressentir plein de belles émotions enceinte mais ce qui compte vraiment c'est si on prend bien soin de notre enfant et ça Annie le fait très bien.
      andrée laplume

      Supprimer
  17. Après avoir été émue, je vais me balader sur ton blog :p

    RépondreSupprimer
  18. Dernière Anonyme: J'imagine que vous avez toujours été en contrôle de tous vos états d'âme et vos sentiments dans votre vie pour juger avec autant de légèreté une situation aussi dramatique. Je vous souhaite plus d'empathie de la part des autres si jamais vous tombez un jour de votre jolie tour d'ivoire. Un proverbe indien dit: "Tu ne peux pas juger un homme sans avoir marcher 2 lunes d'affilées dans ses mocassins". Peut-être pourriez-vous tirer profit de ces sages paroles...

    RépondreSupprimer
  19. N'ayant jamais marché dans mes mocassins à ma place, il ne faut pas me juger également Solène :-)
    Annie a fait un travail remarquable. Mais quand on lit son texte, c'est écrit noir sur blanc qu'elle ne l'aimait pas au tout début, je n'ai rien inventé.

    RépondreSupprimer
  20. C'est vrai que tout le monde a droit à ses opinions mais le faire de façon anonyme, c'est trop facile. Est-ce vraiment nécessaire d'entrer ainsi dans l'univers de quelqu'un et d'y laisser un tel commentaire au lieu de simplement cliquer pour fermer la page et faire sa propre vie? Je suis heureuse de lire tous les autres commentaires de filles qui sont là pour toi Annie, pour t'accompagner, t'aider, te supporter. C'est de ça dont on a besoin quand ça va moins bien! Et pense à toutes celles qui ont vécu ce que tu as vécu mais n'ont jamais eu l'occasion ou le courage de l'exprimer? Je connais la maman que tu es et je te sais remplie d'amour pour tes deux beaux enfants. Ça, ils le ressentent et ça n'a pas de prix. Les grossesses et la maternité n'a pas à être comme dans les contes de fées pour que l'amour puisse triompher. Et moi, c'est ce que je vois en toi et en ton histoire mon amie. Je suis fière de toi. Fière que tu aies eu le courage de dire la vérité, d'appeler à l'aide, de dire que ça n'allait pas. C'est tout en ton honneur. Bravo Annie pour tes mots. Merci d'être qui tu es. xxx

    RépondreSupprimer
  21. Ce qui tu viens d'exprimer ouvertement est un sentiment que plusieurs femmes ressentent...mais comme c'est tabou, elles n'en parlent tout simplement pas. Plusieurs amies m'ont exprimé (souvent après quelques verres dans le nez) ne pas avoir ressenti " l'amour maternel" au tout début, et qu'elles se sentaient terriblement coupables. Je suis heureuse de savoir que tu vas mieux.... Sarah-Claude

    RépondreSupprimer
  22. Nul doute que tu es un femme extraordinaire! Il faut l'être pour surmonter une telle épreuve et avoir le courage et la lucidité d'écrire un tel billet! Tu es vraie et authentique et c'est tellement inspirant!

    RépondreSupprimer
  23. Je t'ai lue et je comprends ta peine.
    J'aurai aimé t'aider comme tu l'as fais un jour pour moi. <3
    À travers cet accomplissement, tu en ressors plus forte.
    Il n'y a pas de joie sans larme, il n'y a pas d'amour sans douleur,
    Chaque enfant, chaque âme, nous est envoyé pour nous apprendre, nous enseigner,
    Chaque maman, chaque femme vivra un jour, l'amour inconditionnel.
    Chaque amie, maman, sœur... est là pour nous accueillir, nous porter, nous cajoler, nous aimer.
    Tu es émouvante dans ton dévoilement, ton vécue, je comprends mieux pourquoi il t'a choisit... Tu es une femme, une maman magnifique! Stéphanie Leinenweber.

    RépondreSupprimer
  24. Tu sais que tu m'as tirer une grosse larme quand j'ai lu ton article. Beaucoup de personnes ne comprennent pas les sentiments féminins dans des situations comme celle-là. Je n'ai qu'une chose à dire : bravo pour ton courage d'avoir dit tout haut ce que plusieurs pensent et n'osent pas dire de peur de se faire juger. Je t'admire vraiment beaucoup même si je ne te connais pas vraiment beaucoup.

    RépondreSupprimer
  25. Que beaucoup d'émotions cela ma fait en lisant ce temoignage, ca me ressemble beaucoup, toujours en depression apres 3 mois que mon fils est né cest difficile, je ladore je suis en amour avec lui, jai peu de gens qui maide mais ceux qui sont la, sont tout pour moi. Jaimerais quil existe un groupe pour ces femmes comme nous je susi sur que ca faerais du bien de se reunir

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu viens de sonner une cloche dans ma tête...ton idée de groupe d'entraide m'inspire. Si tu as besoin de parler voici mon e-mail: tortuemaimestu@gmail.com
      Merci d'avoir pris le temps d'écrire.
      Je te souhaite de tout coeur que tu retrouves ta joie de vivre très bientôt.
      Annie x

      Supprimer
  26. Bravo pour ton courage. Peu de gens peuvent vraiment comprendre, il faut y avoir passé.

    RépondreSupprimer
  27. Annie, je me rappelle de ta présence lors de notre première escapade. Tu avais avoué bien humblement avoir de la difficulté à apprivoiser ton rôle de mère.. Tu t'en souviens? Ta franchise m'avait d'abord surprise puis, quelques semaines après la naissance de mon fils, j'ai tout compris. J'ai bien hâte de te revoir le 1er novembre. Je pense à toi très fort...Grosse bise ma belle amie xox

    RépondreSupprimer
  28. Merci de livrer ce témoignage bouleversant d'humanité !
    Les grandes souffrances sont celles qui nous font grandir, te voilà forte et riche de cette expérience. Bonne et longue route, à la découverte de toi-même, et de ce formidable petit bonhomme qui a cherché de lui-même le chemin vers ton coeur.

    RépondreSupprimer

Rejoignez la Tortue ici ;)